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• DECOUVERTE DU PATRIMOINE DES BOUCLES DE LA SEINE - Sahurs et Saint-Pierre-de-Manneville - CLIQUEZ

fascicule

Située dans un des méandres de la Seine, la commune de Saint-Pierre-de-Manneville s'étend sur la rive droite du fleuve. Bordés à la fois par l'eau et la forêt, les espaces caractérisés par des terrains alluvionnaires fertiles et des pâturages irrigués en toutes saisons, offrent depuis longtemps un cadre privilégié pour l'agriculture et l'établissement de résidences secondaires.

Très tôt, on vient sur les bords de Seine pour se baigner, canoter et pratiquer la chasse dans la forêt de Roumare. Et, bien qu'au fil des ans l'activité agricole ait perdu de son dynamisme, le village n'en demeure pas moins une commune à dominante rurale, marquée par son histoire. Monumental ou modeste, naturel ou culturel, le patrimoine y est partout présent.

• Un peu d'Histoire

On peut imaginer que c'est à l'âge du bronze que des premiers hommes occupent les rives du fleuve, des objets et des pièces de monnaie datant de cette période ont été retrouvés lors de dragages de la Seine. Sous l'Antiquité, des communautés se sédentarisent, l'étymologie de Saint-Pierre-de-Manneville pourrait l'attester : l'origine du nom viendrait du gallo-romain « magna villa », qui signifie grande ferme. Plusieurs éléments confortent l'hypothèse qu'il y aurait eu un vaste domaine agricole sur le site à cette époque et le nom du manoir de Villers pourrait être un dérivé du mot « villa ».

Au cours de la Renaissance, l'activité agricole se développe alors, marquant ainsi le paysage rural jusqu'au XIXe siècle.
Les bords de Seine, soumis aux inondations, sont réservés aux prairies qui peuvent grâce aux crues du fleuve, donner deux récoltes de foin par an. Plus en hauteur, les habitations s'organisent autour de la rue principale. De part et d'autre du village-rue, on trouve les terres de labour. Cette organisation spatiale est encore visible actuellement dans le découpage des aires réservées aux cultures, aux prairies et aux vergers.

On remarquera qu'à travers les armoiries du village de Saint-Pierre-de-Manneville, homologuées par le Conseil français d'Héraldique en 1993, on retrouve matérialisés par des symboles, les différents éléments géographiques et naturels qui conditionnent la vie des villages de la Vallée de Seine. Le blason est scindé en deux par une bande d'azur qui représente le fleuve ; d'une part, on distingue une grappe de raisin évoquant la culture vinicole qui avait été introduite par les romains ; d'autre part, on remarque la pointe d'un sapin qui fait référence à la forêt de Roumare. Trois angennes d'argent, armoiries de la famille des Tancarville, qui possédaient autrefois la paroisse, surmontent la composition. L'ensemble est serti de deux épis de blé noués en leur extrémité qui rappellent la richesse des terres agricoles de la commune.

• Au bord de l'eau

Saint-Pierre-de-Manneville est liée au fleuve. Dès le Ier siècle après-JC, il est une voie de communication privilégiée grâce au passage d'eau de Caumont qui permettait d'accéder rapidement à Rouen. Il était utilisé par les villageois qui écoulaient leur production sur les marchés du centre urbain mais aussi par les bourgeois et notables de la ville qui rejoignaient leur famille et leurs exploitations à la campagne. Il sera fermé en 1960.
Les premières traces de ce trafic remontent au XIIIe siècle lorsque la commune de Saint-Pierre-de-Manneville s'étendait encore sur la rive gauche, au lieu dit « Le Val des Leux ». Il ne subsiste aujourd'hui qu'une borne en pierre indiquant le port de Caumont, située sur la place de l'église. Au XVIe siècle le trafic commercial s'intensifie, armateurs et marins trouvent à Saint-Pierre un lieu d'habitation et de travail proche de Rouen.

Source d'activités, la Seine n'en est pas moins source de contraintes. Avant que ne soient terminés les travaux d'élargissement en 1940, la Seine ne permet alors la navigation que sur une faible largeur et soumet les deux communes au mascaret. Également appelé « barre » ou « flot », le mascaret a pendant des siècles imposé sa loi aux sites et aux riverains de l'estuaire. La vague remontait vers l'amont à une vitesse dit-on d'un cheval au galop. Elle faisait courir de gros risques aux bateaux restés à quai, rompant leurs amarres et les fracassant sur la berge. Les bacs stationnaient au milieu de la Seine pour éviter tout accident. La commune de Saint-Pierre n'ayant pas de quais, l'événement n'était dangereux que pour les badauds venus se faire « doucher » par les débordements de la vague.

La pêche s'exerce sur la Seine jusqu'au XIXe siècle en barques ou en bateaux à l'aide de filets. Rapidement menacés dans les années 1920 par l'activité industrialo-portuaire de la rive gauche, saumons et anguilles désertent les eaux. La pêche à Saint-Pierre se résume alors, et ce jusque dans les années 1950, à la traque à la fouene dans les fosses des prairies attenantes aux berges, où l'on trouve encore deux espèces de poissons : la feinte et l'alose.
La situation géographique du village conditionne le paysage composé de prairies, de mares, de fossés bordés de haies têtards. Ces réserves biologiques sont un lieu privilégié pour différentes espèces animales ou végétales qui sont protégées au titre des zones humides dans le cadre du Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande. Les contraintes naturelles ont réduit l'expansion de l'aire industrielle, cette dernière étant concentrée majoritairement sur la rive gauche du fleuve. L'environnement, au premier abord hostile a, au bout du compte, été favorable au développement de l'agriculture et de l'élevage.

• Vivre à la campagne

Habiter et travailler

Jusqu'aux années 1970, Saint-Pierre-de-Manneville a une activité essentiellement agricole. Les habitants sont en majorité des fermiers, des ouvriers agricoles ou des journaliers qui associent le travail des champs à un autre emploi. Les femmes combinent le plus souvent deux activités, s'occupant de l'intendance et des animaux de la ferme, elles peuvent également subvenir aux besoins du ménage en exerçant divers travaux.

Si chaque foyer a son point d'eau, le four est souvent commun à plusieurs habitations. Héritage des banalités seigneuriales ou simple outil permettant d'assurer l'auto-suffisance des habitants de la boucle, il n'en reste aucun en activité. Il s'agit le plus souvent d'un bâtiment de forme rectangulaire, séparé en deux. Un côté est réservé à l'écurie l'autre au four. On remarque à l'extérieur une cheminée et à l'intérieur une cavité équipée d'un conduit, surmontée d'un arc de pierres.
Vestige également du système féodal ou simplement de l'organisation économique et sociale villageoise, le moulin à vent est mentionné sur les registres de Saint-Pierre jusqu'en 1882. Aujourd'hui, ils ont complètement disparu et ne subsistent que dans la mémoire de quelques habitants.

En termes d'habitat, la commune offre un panorama architectural riche et varié. La longère demeure la construction la plus symbolique du bâti rural. Autrefois maison mixte d'une grande simplicité où vivaient côte à côte les animaux de la ferme et les exploitants agricoles, elle s'organise sur un plan au sol rectangulaire et s'élève sur un voire deux niveaux. Aujourd'hui réhabilitée en maison d'habitation, on en dénombre plusieurs exemples sur la commune : route de Sahurs à Saint-Pierre-de-Manneville.

Le pan de bois utilisé seul ou associé à divers autres matériaux est largement présent dans la construction des fermes. La proximité avec la forêt de Roumare procure les matières premières nécessaires. Faites de bois, d'argile et de paille, les longères et autres chaumières de la vallée utilisent les productions régionales marquant ainsi l'identité des paysages de bords de Seine. La diminution progressive des ressources en bois et la mise en exploitation des carrières de la région font que dès le XVIe siècle la pierre devient prépondérante dans la construction. Celle de « Caumont » est particulièrement réputée. Les bâtiments agricoles et le logis d'habitation y associent le moellon ou encore la brique de Saint-Jean au XIXe siècle, reconnaissable à sa couleur ocre-rouge. D'autres bâtisses, plus cossues, comme celle située chemin de la marguerite à Saint-Pierre utilisent les mêmes matériaux, le chaînage en brique s'alliant à la pierre blanche qui peut être enduite de plâtre.

La ferme des Lions au Marais à Saint-Pierre-de-Manneville

Autre corps de ferme comprenant un logis et des communs datant des XVIe et XVIIe siècles, la ferme des Lions, située à Saint-Pierre-de-Manneville, propose un exemple d'architecture de pierre.

• Se réunir

Rythmée par les marées et les travaux des champs, la vie quotidienne des habitants est également marquée par une sociabilité forte qui s'exerce dans des édifices et places symboliques. Les églises sont de ceux-là au même titre que les mairies et les écoles mais aussi lors des célébrations autour des monuments aux morts.

• Le patrimoine religieux et cultuel

L'église Saint-Pierre de Saint-Pierre-de-Manneville
Les dégâts causés par la Guerre de Cent ans (XIV-XVe siècles) ont profondément affecté les bâtiments de la Vallée de la Seine. L'ancienne église avait subi les dommages de cette crise du Haut Moyen Âge et devait être reconstruite. Elle fut donc bâtie à nouveau dans son intégralité au début du XVIe siècle. Tout comme l'église de Sahurs, elle est composée de calcaire et de pierre et recouverte d'ardoises. C'est un exemple d'architecture gothique tardive, notamment en ce qui concerne la nef qui a la particularité d'être scindée en deux. La façade occidentale avec ses deux portails est de style gothique flamboyant.

L'intérieur renferme des objets et du mobilier intéressants. Aux côtés d'un retable de bois polychrome on peut observer des fonts baptismaux, tous deux du XVIIIe siècle. À cela s'ajoute une poutre de gloire où figure le Christ en Croix du XVIIe siècle. Les blasons de Robert Aubery de Bellegarde et de sa femme, Élisabeth de Folleville, y sont également conservés.
Il subsiste une verrière du XVIe siècle, restaurée en 1870, représentant Saint-Paul sur son bateau et sa conversion sur le chemin de Damas. Certains des vitraux clôturant l'église viennent de l'atelier Duhamel-Marette tout comme ceux de la chapelle du Manoir de Villers.
Enfin, pour l'anecdote, on notera qu'avant l'électrification des cloches et de l'horloge, c'était le bourrelier qui logeait en face qui venait remonter le mécanisme chaque jour pour assurer son bon fonctionnement.

Le cimetière qui entourait l'église a été transféré rue Saint Pierre vers 1860. Il n'en subsiste qu'une croix monumentale, composée essentiellement de calcaire et datée du XVIe siècle. La croix monumentale est un signe de protection très représenté dès le XVIe siècle. Elle agrémente les bourgs et les hameaux et symbolise l'acte de foi de la communauté villageoise. On les rencontre souvent aux carrefours, elles guident le voyageur et le protègent de l'inconnu et des mauvaises rencontres.

• Le patrimoine civil

Mairies et écoles
Avec l'avènement de la République, les mairies deviendront un lieu de pouvoir et de justice.
Tout au long du XIXe leur architecture va évoluer. La loi Guizot de 1833 concernant l'enseignement primaire contraint chaque commune à avoir une école de garçons. La loi Falloux ensuite, exige la création d'écoles pour les filles. Enfin en 1884, la construction de locaux communaux est rendue obligatoire, favorisant ainsi la rénovation voire la création de nouveaux bâtiments. L'actuelle mairie de Saint-Pierre est le résultat de ces décisions successives.

L'ensemble communal de Saint-Pierre-de-Manneville est moins marqué par le contexte politique du XIXe siècle dans son architecture. Cela tient peut-être à l'histoire de la mairie-école qui semble plus chaotique. Après moult vicissitudes, l'école des garçons et des filles est construite en 1911 avec au premier étage la salle de la mairie. Le bâtiment accueille, à cette époque, les services communaux, l'école et le logement de l'instituteur.
La façade de l'édifice a été complètement refaite et enduite en 1950 et cache en réalité un édifice fait de matériaux régionaux comme le silex, la pierre et la brique. Avec la construction en 1981 d'un groupe scolaire à proximité, les deux salles de classe qui occupaient le rez-de-chaussée sont supprimées. On en voit encore les traces dans les larges baies qui ouvrent la façade, à droite de l'entrée principale. Mairie et école sont alors dissociées et offrent chacune un exemple d'architecture fonctionnelle.

Monuments aux morts

Lieux de mémoire, les monuments aux morts rassemblent lors de fêtes nationales et commémoratives bon nombre de villageois. Chaque commune ayant souffert des guerres, on déplore, par exemple, vingt victimes pour Saint-Pierre-de-Manneville lors du premier conflit mondial. L'ampleur de cette guerre fait prendre une autre dimension à l'hommage public sans précédent rendu aux morts dans tout le pays. Les Français, exaltés par leur victoire, tiennent à rendre hommage à leurs fils tombés au front. À partir de 1919, une multitude de monuments portant l'épitaphe « Morts pour la France » se dressent dans les communes généralement à proximité de la mairie, de l'école, de l'église, du cimetière ou encore au milieu de la place publique.

La commune de Saint-Pierre-de-Manneville fait appel à l'entrepreneur DUCHAUNOY en 1919 pour l'édification de son monument qui s'érigera dans le cimetière communal. Il s'agit d'un édifice en pierre de Lorraine, entouré de quatre bornes chaînées. Les noms des soldats sont gravés en rouge et complètent une décoration faite d'une croix de guerre, d'un ensemble de palmes et d'une couronne en bronze.


Plaque de signalisation
Curiosité témoignant des bornes d'orientation d'un autre temps, la plaque posée sur le mur d'un immeuble, route de Quevillon à Saint-Pierre-de-Manneville, date probablement du XIXe siècle. Elle indique les directions de Quevillon, Duclair et Val-de-la-Haye et les distances qui les séparent de la commune.

• L'aristocratie à la campagne

La Vallée de la Seine est également un écrin de nature où l'on se plait à se retirer. Le long du chemin de halage qui court de Sahurs à Saint-Pierre-de-Manneville, on peut admirer un bon nombre de châteaux et manoirs, témoins de cet engouement pour les résidences secondaires à la campagne aux XVIe et XVIIIe siècles.

Le Manoir de Villers à Saint-Pierre-de-Manneville

Témoignage de la " vie de château ", le Manoir de Villers implanté au centre du village de Saint-Pierre de Manneville est à la fois vestige du système féodal et témoin d'un art de vivre plus contemporain. Les premières références à ce bâtiment datent de 1581. Des archives mentionnent une " Seigneurie de Villers en la paroisse de Saint-Pierre-de-Manneville, bailliage de Rouen […] et comprenant entre autres, cours, maison de maître, jardin, four à pain, chapelle… ". D'après un plan d'architecte dressé en 1769, la maison de maître était un logis d'un étage, à pans de bois couvert d'un toit de tuiles, auquel était accolé un bâtiment. Seules restent de cette construction la glacière*, la bergerie, une partie de la maison du gardien ainsi que la chapelle. Cette dernière est consacrée en 1653 et permet au seigneur du lieu d'entendre la messe lors des inondations provoquées par les crues de la Seine qui l'empêchaient de se rendre à l'église paroissiale du village. La chapelle a été modifiée et restaurée au début du XIXe siècle par Robert Mery de Bellegarde dans le style néo-gothique. L'orientation de l'édifice est inversée, les quatre ouvertures latérales sont agrandies et ornées de vitraux de l'atelier Duhamel-Marette tout comme la rosace du pignon.
L'ensemble architectural de cette propriété a été remanié par les propriétaires successifs, pour devenir aujourd'hui un exemple de construction normande à pans de bois et en pierre de Caumont. Propriété familiale depuis le XVIe siècle, ce manoir illustre bien l'évolution de la résidence de campagne de riches rouennais, qui se transforme peu à peu en lieu de retraite auto-suffisant et agréable.

En 1764, le manoir est acquis par Antoine Michel Blondel, alors écuyer " conseiller Secrétaire du Roy, Maison et Couronne de France, Controleur en la Chancellerie près le Parlement de Rouen, Seigneur et Patron de Saint Ouen de Berthenonville ". À sa mort, Villers échoit aux mains de son neveu, Michel-Louis Mery, écuyer. Ancien échevin rouennais, il avait fait partie des notables qui avaient accueilli Louis XVI dans la ville de Rouen après son voyage à Cherbourg. En 1786, il achète la seigneurie voisine de Bellegarde pour la donner à son fils cadet, Michel-Alexandre Mery qui se fait alors appeler Mery de Bellegarde. La famille échappe aux troubles de la Révolution grâce probablement à la philanthropie de Michel-Louis, directeur du Bureau des Pauvres à Rouen qui participa notamment aux dépenses de l'Hôtel-Dieu. C'est à Robert Mery de Bellegarde (1857-1924) que l'on doit les derniers grands travaux d'aménagements qui ont donné au Manoir de Villers son aspect contemporain.
Il commande en effet à l'architecte Lassire, un projet d'agrandissement de la maison familiale. Le manoir est alors remplacé par un château de style néo-normand. Une première transformation consiste en l'ajout d'une tour crénelée en brique, puis d'un important pavillon de trois étages sous combles coté Seine, et enfin en l'habillage du pavillon en pans de bois. Dans le même temps , le toit est recouvert de tuiles. Le nouveau manoir est achevé en 1908.

Château des Étangs
Datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le château des Étangs, chemin de la Margherite à Saint-Pierre-de-Manneville, fait écho, par son style, à celui de Trémauville à Sahurs. La construction présente un corps central surmonté d'un fronton triangulaire comprenant un œil de bœuf. Outre l'élévation ordonnancée, le plan du bâtiment est symétrique, la partie centrale étant flanquée de deux corps de logis identiques. La façade offre au regard un mélange de rouge et de blanc grâce aux chaînages d'angle qui allient à la fois la brique et la pierre. L'histoire de cette demeure est également marquée par les différents passages du Général de Gaulle. Il est en effet venu dans cette résidence, propriété de son frère, Pierre de Gaulle, lors de manifestations familiales comme le mariage en 1926 de son frère ou celui de son neveu en 1954.

D'autres édifices mériteraient une description complète comme le château du Billois ou encore le Manoir de la Mare Manneville, rue du Bas à Saint-Pierre-de-Manneville datant des XVII-XVIIIe siècles.


Grilles et portails
Définissant un espace privé, les grilles et portails, selon les demeures qu'ils ferment à la rue, sont plus ou moins travaillés. C'est ainsi que les fermes sont entourées d'épais murs composés de moellons de pierre, et percés ça et là de portes de petite taille en bois. Seule la porte d'entrée de la propriété peut rivaliser par sa grandeur et son esthétisme avec le portail des grandes maisons bourgeoises ou des châteaux. C'est le cas de la porte du manoir des Lions de Saint-Pierre-de-Manneville. Bien que la grille soit de facture banale, les deux piliers de pierre, de forme carrée, dont chacun porte en son sommet une sphère, ne sont pas sans rappeler ceux qui entourent les grilles du Manoir de Villers ou du Manoir de la Mare Manneville à Saint-Pierre datant du XVIIIe siècle. Les exemples des grilles du château de Trémauville (fin XVIIIe) à Sahurs et du château de Bellegarde à Saint-Pierre-de-Manneville (début XIXe) offrent des modèles d'art de la ferronnerie et un esthétisme qui allient à la fois les courbes et les flammes métalliques. Véritables portes ouvertes sur les cours d'honneur, ces dentelles de fer nous invitent à imaginer les vastes parcs paysagers qui entourent ces remarquables demeures.

• Les jardins

Autres lieux propices au repos, à la contemplation et aux loisirs, les jardins offrent dans un paysage de nature déjà remarquable, un havre de paix témoin d'un art de vivre.

Les jardins du Manoir de Villers à Saint-Pierre-de-Manneville
Les jardins de Villers ont été paysagés dès le XVIIIe siècle et plantés en vergers, viviers ou potagers. Les traces de ces premiers aménagements paysagers sont encore visibles. Les jardins d'agréments comportent aujourd'hui des chambres de verdure qui entourent deux boulingrins*. C'est à cette époque qu'est installée la grille du portail qui est un très bel exemple d'art ferronnier. Transformés sous l'Empire " à l'anglaise ", les jardins sont de nouveau modifiés entre 1885 et 1905 par Robert Mery de Bellegarde. Plus qu'une remise au goût du jour, les ensembles paysagers sont alors entièrement restructurés de façon à ouvrir la propriété sur la vallée. Ainsi, le propriétaire fait appel au service d'un élève d'Achille Duchesne travaillant aux Jardins des Plantes de Rouen. Le parc est redessiné " à la française ", mélangeant tilleuls, pelouses encadrées d'allées sablées et de massifs de fleurs. À cette occasion un pavillon a été construit.
On doit cependant l'aspect actuel des jardins à son propriétaire d'aujourd'hui. Dévastés par la Seconde Guerre mondiale puis par les tempêtes successives, des travaux de rénovations s'imposent. En 1997 les jardins du Manoir sont modifiés et une pièce d'eau est créée.
Mélange d'architecture de verdure structurée avec des topières taillées en chapeaux de gendarme ouvrant sur le théâtre de verdure et d'herbes folles, les jardins de Villers illustrent fort bien le mariage de l'art paysager et de la nature sauvage des champs de campagne.

Le jardin de la Closerie à Saint-Pierre-de-Manneville
Organisé autour d'une gentilhommière, du XVIe siècle agrandie au XVIIIe, le jardin à l'anglaise de La Closerie s'harmonise parfaitement avec le bâti. Il est composé de plusieurs jardinets qui offrent un échantillon d'espèces anciennes peu connues et une végétation en apparence non domestiquée donnant ainsi une impression faussement naturelle.
Ce cadre a servi de décors pour des productions cinématographiques, comme L'Ours et la Poupée en 1969, de Michel Deville, avec Brigitte Bardot.

• Conclusion

Conclusion

Saint-Pierre-de-Manneville nous présente un paysage de bord de Seine façonné au fil des siècles par les activités liées au fleuve et à la terre. Témoins d'un riche passé, l'architecture et l'environnement de ces communes offrent un cadre de vie agréable. C'est en suivant le chemin de halage ou en parcourant les ruelles que l'on découvre toutes les richesses patrimoniales de ces villages. Églises, châteaux et fermes se livrent alors dans leur écrin de nature encore préservé des aménagements industriels.

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